Le nom de la fondatrice du cabinet Le Borgne se murmure dans les couloirs feutrés des comex. Il circule à voix basse, recommandé entre pairs, souvent dans l’urgence et le stress d’un moment critique ou d’une situation sensible.
Lise Le Borgne, l’arme secrète des dirigeants
À la croisée du droit social, des jeux de pouvoir et des stratégies de gouvernance, Lise Le Borgne s’est imposée à bas bruit comme une référence dans l’accompagnement des dirigeants. Sa pratique, rigoureuse et incarnée, repose sur une parfaite maîtrise juridique, une écoute fine et une capacité à réagir avec justesse et rapidité.
L’art de négocier… et de contrattaquer
Ne comptez pas sur Lise Le Borgne pour révéler les affaires sur lesquelles elle intervient, impliquant souvent des personnalités des affaires et des médias : celle qui siège au conseil de l’Ordre des avocats de Paris a le secret professionnel chevillé au corps. À l’instar d’une pénaliste, ses clients la considèrent comme une confidente stratégique sur le long terme. Elle entre dans les vies professionnelles à l’occasion d’une promotion, d’un départ sous tension ou d’une enquête interne – et y reste. En coulisses, l’avocate aide à gravir un échelon, à rebondir ou à sortir dignement d’un conflit ou d’un renouvellement de comex. Ses clients parlent d’une alliée calme mais affûtée : lorsqu’une ligne rouge est franchie, elle sait contre-attaquer avec la précision d’un coup juste et maîtrisé.
Pour cause, Lise Le Borgne apprécie autant la négociation d’un package d’arrivée qu’une plaidoirie, le contentieux restant une composante essentielle de son activité. Face à elle : les plus grands cabinets d’affaires. Les batailles sont parfois féroces, mais les associés de ces mêmes cabinets recommandent à leur tour son nom lorsque leurs proches font face à des difficultés professionnelles.
Un parcours d’exigence
Elle décrit son parcours comme "classique" : hypokhâgne, Assas, un concours de plaidoirie présidé par le bâtonnier Jean-Yves Le Borgne ‒ homonyme qu’elle admire mais sans lien de parenté ‒, puis le DJCE. Le barreau en poche, Lise Le Borgne intègre à 23 ans le cabinet américain Skadden Arps, où elle pratique le droit du travail en contexte de fusions-acquisitions pendant trois ans, avant de rejoindre August Debouzy, où elle se forme au contentieux collectif et individuel. Enfin, chez Reinhart Marville Torre, elle franchit le Rubicon et quitte la défense des employeurs pour se consacrer exclusivement aux dirigeants. Autant d’écoles d’exigence où elle apprend la précision, la réactivité, l’art de voir venir ‒ et rencontre des figures marquantes qu’elle cite avec reconnaissance, comme Pierre Servan-Schreiber, Emmanuelle Barbara ou Olivier Bluche.
Le pari de l’indépendance
En 2020, constatant la croissance de sa clientèle propre, Lise Le Borgne fait le choix de l’indépendance. L’avocate s’installe à son compte, et sa vision est nette : exercer librement, sans rien céder à la rigueur, et offrir aux dirigeants un cabinet consacré à la préservation de leurs intérêts, mêlant défense, conseil et anticipation. Entourée d’une équipe resserrée, formée à la santé mentale en entreprise et au droit des mandataires sociaux, elle prodigue un accompagnement juridique et humain. Elle s’appuie sur un cercle fidèle de partenaires ‒ fiscalistes, communicants, spécialistes en protection sociale, pénalistes ‒, parmi lesquels le cabinet Temime, avec lequel elle partage l’adresse emblématique du 156 rue de Rivoli, ainsi que plusieurs dossiers à forts enjeux pénaux.
Au cœur des conflits de direction
Ses dossiers mêlent des cas de changements de gouvernance dans des groupes du CAC 40, de contentieux de management package, de discrimination ou d’évictions fondées sur des motifs tirés de la vie privée.
Aux côtés des journalistes
Parallèlement à son activité auprès des dirigeants de sociétés commerciales, Lise Le Borgne s’est engagée dans la défense des journalistes. Des dossiers qui la passionnent, parce qu’ils touchent à des enjeux de droits fondamentaux au premier rang desquels la liberté d’expression ainsi qu’à l’évolution des mœurs au sein des rédactions. À ce titre, elle a obtenu des condamnations significatives devant les conseils de prud’hommes, la Cour d’appel de Paris et la Commission arbitrale des journalistes, renforçant sa réputation d’avocate tenace.
Une voix au Conseil de l’Ordre
Élue au Conseil de l’Ordre en 2023 aux côtés d’Antoine Juaristi, elle s’investit aujourd’hui dans la vie de son barreau, sous le bâtonnat de Pierre Hoffmann et Vanessa Bousardo. Séparations d’associés, conflits d’intérêts, harcèlement, parentalité : des sujets qu’elle aborde avec la même exigence que les dossiers de ses clients. Lise Le Borgne a par exemple œuvré à la mise en place de Secours Diligences, un mécanisme offrant un appui aux avocats et avocates empêchés pour motif de santé ou congé maternité/paternité. À travers tout son parcours, un même fil rouge met en évidence son engagement : protéger ‒ ses clients, ses pairs et, plus largement, veiller à ce que la dignité de chacune et chacun soit préservée au travail.