Alors que Sébastien Lecornu tente de boucler un budget pour 2026 qui ne le mènerait pas à la censure, l’immense majorité des entreprises de taille intermédiaire françaises (ETI) optent pour la prudence et renoncent à des projets prévus pour 2026. C’est le constat du baromètre publié en début de semaine par la Banque Palatine et le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI).

Les conséquences de la crise politique déclenchée par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 continuent de se faire sentir sur l’économie. Alors qu’il poursuit ses consultations des représentants politiques et syndicaux, Sébastien Lecornu s’est engagé à “ne pas abîmer la croissance et l’emploi”.

Les patrons français subissent pourtant bel et bien la crise. Le dernier baromètre de la Banque Palatine et du METI n’a pas démenti l’incertitude avec laquelle ils doivent composer : près de quatre ETI sur dix ont fait part d’une baisse de leur chiffre d’affaires au premier semestre 2025 par rapport au premier semestre 2024. Et l’instabilité politique n’y est pas étrangère, puisqu’une ETI sur trois estime qu’elle a eu des répercussions directes sur son activité.

Par ailleurs, les ETI ne sont que 12 % à être certaines de maintenir tous leurs projets d’investissements et/ou de création d’emplois en France au regard de la situation actuelle. Ce qui n'est pas de nature à rassurer les salariés déjà victimes de la crise : les recrutements de cadres, qui ont déjà baissé de 8% en 2024, devraient passer sous la barre des 300.000 en 2025, selon l'Association pour l'emploi des cadres (APEC). 

Enfin, les recompositions capitalistiques – sous la forme d’ouverture du capital – sont envisagées par plus de 38 % des ETI, contre 35 % en avril dernier. Ainsi, une ETI sur deux a été approchée pour un rachat ou une entrée au capital depuis le début de l’année.

Selon Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et coprésident du METI, le constat est clair : “Si les arbitrages politiques se font en défaveur de l’activité économique, du ‘produire, travailler et investir’ en France, les ETI risquent un affaiblissement durable qui finira par leur coûter leur admirable résilience… et leur capacité à se maintenir en France.

Reste à espérer que Sébastien Lecornu réussisse à rassembler une majorité autour d’un budget, après les échecs répétés de ses prédécesseurs.

Caroline de Senneville