Malgré une ultime tentative de conciliation, François Bayrou n’est pas parvenu à arracher un accord entre partenaires sociaux sur la réforme des retraites. Ce revers affaiblit la méthode du dialogue social portée par le Premier ministre, désormais sous la menace d’une motion de censure.

Ce mardi 24 juin, c’est dans un climat d’impasse sociale et de crispation politique que François Bayrou a convié les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC, reçus tour à tour, suivis par le Medef et la CPME dans l’après-midi et la soirée. La veille, l’ultime réunion du conclave sur la réforme des retraites s’était soldée par un échec, mettant un terme à quatre mois de négociations laborieuses engagées à la demande du Premier ministre. Ce dernier, désavoué sur le fond comme sur la méthode, espérait encore obtenir un socle d’accord minimal pour sauver l’esprit de compromis.

Or, rien n’a émergé de cette dernière séquence. Les divergences persistantes, notamment sur la prise en compte de la pénibilité, ont scellé l’échec de cette tentative soutenue par Emmanuel Macron, qui s’était lui-même dispensé de consulter les partenaires sociaux en 2023. Le bloc central vacille, la méthode Bayrou est contestée jusque dans sa majorité, et les partenaires sociaux repartent sans solution.

N’ayant pas attendu ces ultimes concertations, les socialistes avaient annoncé dès mardi, par la voix de Boris Vallaud, le dépôt d’une motion de censure désormais soutenue par la gauche. Après avoir fait de cette réforme un élément central de sa rhétorique sociale, le Rassemblement national a fait savoir qu’il ne s’y associerait pas. Un choix politique stratégique qui devrait permettre au gouvernement de se maintenir.

Cem Algul