Dans ce nouvel épisode d’Inclusion 4 Change, l’émission consacrée à l’égalité des chances dans le monde du travail, le projecteur est mis sur un sujet encore trop souvent méconnu : la neuroatypie. Longtemps taboue, elle s’impose aujourd’hui comme un enjeu RH majeur, à la croisée de l’inclusion, de la performance et de la transformation des organisations.

 

Pour poser les bases, Maya Hagège, déléguée générale de l’AFMD, revient sur l’émergence du concept de neurodiversité, popularisé dans les années 1990, et sur sa traduction dans le monde professionnel. Derrière ce terme, une réalité plurielle : troubles du spectre de l’autisme, troubles dys, TDAH… autant de fonctionnements cognitifs différents qui concernent près de 15 % de la population française. Pourtant, l’accès à l’emploi reste un défi majeur, avec des taux d’inactivité encore très élevés parmi les personnes concernées.

À travers un reportage immersif tourné à la DSI de France Travail, et avec le point de vue de Mara Staud (cabinet Autypik), l’émission donne à voir concrètement ce que signifie travailler en étant neuroatypique aujourd’hui : rôle des collectifs spécialisés, et mise en lumière de pratiques d’accompagnement managérial encore trop peu répandues mais prometteuses.

En plateau, les échanges entre Valérie Tiacoh (Orange) et Damien Aimar (Université Aix-Marseille) poussent la réflexion. Ils interrogent les postures des employeurs, entre prise de conscience et risques de récupération du sujet sous l’angle de la performance. Ils abordent également les conditions d’une véritable inclusion : faut-il un diagnostic pour agir ? Les aménagements sont-ils si complexes ? Comment réduire le phénomène de “masking”, qui pousse de nombreuses personnes à dissimuler leurs particularités au travail ?

Enfin, cet épisode ouvre des perspectives essentielles : écouter les premiers concernés, dépasser les approches normatives et engager durablement les organisations. Car au-delà des discours, l’inclusion de la neurodiversité invite à repenser en profondeur les environnements de travail, au bénéfice de toutes et tous.

Judith Aquien