Dans un contexte où les plans de transformation se succèdent, le changement reste souvent vécu comme subi, mal expliqué, peu habité. Plutôt que de chercher à le "conduire", Human Trajectory Makers aide les équipes dirigeantes à prendre au sérieux ce que ces mouvements font aux structures, aux relations et aux trajectoires, pour rendre les transformations à la fois tenables, lisibles et utiles.
Joanna Ventura-Tordjman (Human Trajectory Makers): Quand le changement s’impose : accompagner les transformations
Dans la plupart des entreprises, le changement ne se décrète pas : il s’impose. Pression des marchés, attentes des actionnaires, nouvelles contraintes réglementaires, ruptures technologiques… Les dirigeants n’ont pas choisi le contexte, mais doivent composer avec lui. Pourtant, beaucoup d’organisations continuent de traiter ces enjeux comme de simples projets à livrer : feuille de route, gouvernance, planning, plan de communication. En pratique, ce n’est pas seulement un système qui évolue, ce sont des positions, des équilibres et des histoires professionnelles qui se trouvent bousculés.
Human Trajectory Makers intervient précisément dans ces moments où l’entreprise a déjà décidé de bouger, mais où la manière de traverser la transformation reste à construire. Notre point de départ est simple : il ne s’agit pas de "faire accepter" le changement, encore moins de l’enrober de discours sur le bien-être ou le sens. Il s’agit d’aider les dirigeants à regarder en face ce que leurs décisions produisent, pour eux-mêmes, pour leurs pairs, pour les équipes clés, puis à choisir comment ils veulent accompagner ce mouvement.
Concrètement, le travail commence rarement par des slides. Il commence par des questions : qu’est-ce qui, dans ce projet, représente un véritable progrès pour l’entreprise, au-delà de la seule réponse à une contrainte externe ? Quels sont les bénéfices crédibles pour les personnes dont l’engagement est attendu ? Quels sont les moyens d’y faire face – compétences, temps, énergie d’arbitrage ? Et l’organisation actuelle, avec ses rôles, ses frontières et ses modes de décision, permet-elle réellement de porter cette transformation, ou risque-t-elle au contraire de la freiner ?
Croiser les regards des dirigeants, des managers et des équipes révèle très vite les angles morts d’une transformation
Ces questions paraissent évidentes. Pourtant, les explorer honnêtement, croiser les regards des dirigeants, des managers et des équipes révèle très vite les angles morts d’une transformation.
Le premier lieu où ces questions doivent être travaillées est l’équipe de direction. Il est souvent question des "collaborateurs à embarquer". C’est indispensable. Une transformation se joue d’abord là où se prennent les décisions structurantes : comex, codir, directions élargies. C’est là qu’apparaissent les tensions entre ce qu’il faudrait changer pour la pérennité du modèle, ce que chacun est prêt à lâcher réellement, et ce que chacun accepte encore de porter. Un dirigeant dont le périmètre se réduit, un autre qui hérite d’une équipe qu’il n’a pas choisie, un troisième qui doit assumer une décision prise au siège : tant que ces déplacements ne sont pas nommés, ils se traduisent par des ralentissements, des compromis flous et un retour insidieux aux anciennes pratiques.
Dans ces situations, l’apport d’un cabinet externe ne consiste pas seulement à "faciliter" des séminaires. Chez Human Trajectory Makers, nous assumons un rôle de partenaire exigeant : mettre des mots précis sur ce qui est en train de se passer, créer des espaces où les désaccords stratégiques peuvent se travailler sans perdre de vue les objectifs business, aider les dirigeants à clarifier ce qui est non négociable et ce qui peut l’être encore. Il s’agit moins d’apaiser que de rendre les choix lisibles et tenables dans la durée.
Pour cela, nous travaillons en permanence au-dessus et en dessous de ce que nous appelons la "ligne d’eau".
Au-dessus se trouvent les éléments visibles de la transformation : organigrammes, processus, indicateurs, plans de projets. En-dessous circulent les loyautés, les peurs, les rivalités, les souvenirs de transformations précédentes, les questions de légitimité ou de justice. Faire comme si seule la partie visible comptait revient à laisser la partie immergée piloter la suite des événements. À l’inverse, rester uniquement dans l’émotion sans se confronter aux contraintes économiques ne permet pas non plus d’avancer. L’enjeu est de tenir ensemble ces deux plans, dans un même dialogue.
Cette articulation est rendue possible par la trajectoire de la fondatrice du cabinet : executive coach, ancienne DRH, ancienne membre de comités de direction et psychanalyste. Elle permet de parler le langage du P&L, des attentes d’actionnaires et des compromis industriels, tout en étant capable d’entendre ce que les transformations font aux personnes et aux collectifs. Le "sens" du changement n’est alors ni un slogan, ni un luxe. Il devient une donnée de travail : qu’est-ce qui reste cohérent dans ce qui est demandé aux équipes, qu’est-ce qui ne l’est plus ? Quels sont les ajustements nécessaires pour que les décisions demeurent assumables ?
Human Trajectory Makers a choisi de rester un cabinet boutique. Ce choix implique un nombre limité de missions, une forte implication de la fondatrice à chaque étape, et le recours à un noyau de partenaires récurrents seniors lorsque la taille ou la nature du projet l’exige. Dans les faits, chaque intervention combine, dans des proportions variables, trois volets : un travail avec la direction générale sur les arbitrages et le récit de transformation ; un travail avec l’équipe de direction sur les rôles, les coopérations et les tensions internes ; un accompagnement ciblé des managers et des fonctions RH ou transformation pour ancrer les nouvelles pratiques.
Accompagner une transformation, ce n’est ni promettre qu’elle sera indolore, ni chercher à obtenir l’adhésion de tous à tout prix. C’est permettre aux dirigeants de voir plus clair, de décider plus nettement et de tenir leurs choix dans la durée, en sachant ce qu’ils demandent réellement à leur organisation. C’est aussi offrir aux équipes des repères suffisamment solides pour qu’elles puissent, malgré les incertitudes inhérentes au contexte, continuer à se reconnaître dans ce qu’elles font. Dans un environnement où le changement s’impose de plus en plus vite, la vraie responsabilité des entreprises n’est pas de l’éviter, mais de choisir comment elles traversent les transformations qu’il déclenche.
Par Joanna Ventura-Tordjman, Fondatrice, Human Trajectory Makers