Quête de sens, désir d’autonomie, prudence face au risque : en ce début d’année, les salariés français repensent leur avenir professionnel sans forcément rompre avec le salariat. Une étude Flashs et Swapn révèle des aspirations profondes de liberté.

Une confiance accrue en leur entreprise, des souhaits d’évolution et un contexte mondial tendu. Le travail se transforme au rythme toujours aussi fulgurant de l’adoption de l’intelligence artificielle au sein des organisations, et les salariés s’adaptent à un monde en constante évolution. En conséquence, en 2026, ils ne prennent plus de bonnes résolutions : ils préparent leur plan B. L’année précédente, ils aspiraient principalement à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, flexibilité, sentiment d’appartenance et bien-être au travail. Pour cette nouvelle année, les salariés semblent désirer reprendre la main sur leur vie.

La dernière étude menée par Flashs et Swapn révèle que 57 % des salariés expriment une volonté de changement professionnel en 2026. Qu’il s’agisse d’un projet entrepreneurial, d’une reconversion ou d’une démission, l’envie de changement traverse largement le salariat français. Pour Léa Paolacci, codirectrice de Flashs et chargée de la conception des études, cette dynamique ne traduit pas une rupture brutale, mais une évolution : “On est moins dans une envie de rupture que dans une projection. Les salariés imaginent un travail qui aurait davantage de sens plutôt qu’un simple changement d’employeur.”

L’indépendance avant les revenus

Si les résolutions de janvier paraissent de plus en plus dépassées, les souhaits d’évolution professionnelle, eux, sont toujours au goût de jour. Parmi les projections pour 2026, 23 % des salariés souhaitent se reconvertir dans un autre métier, 22 % créer une activité en parallèle de leur emploi, et 15 % envisagent de quitter leur poste pour se lancer à leur compte. À l’inverse, seuls 9 % évoquent une démission sans plan précis.

L’année précédente, le nombre de démissions est resté relativement stable en France. Par prudence économique et par attachement aux avantages du salariat, de nombreux salariés ont repoussé leur départ. La tendance pourrait pourtant évoluer cette année, compte tenu d’un désir de liberté plus affirmé chez une partie des actifs : 35 % des salariés envisageraient de quitter leur poste au cours de l’année.

Des envies d’indépendance

En cette nouvelle année, l’envie d’entreprendre reste forte. Les salariés évoquent en priorité la liberté et l’autonomie (64 %), devant l’envie de mieux gagner leur vie (56 %) et la recherche d’une réussite symbolique (20 %). À l’inverse, seuls 9 % souhaitent devenir riches, et 13 % aspirent à davantage de visibilité ou de notoriété.

Léa Paolacci le souligne : “La liberté et l’autonomie arrivent très largement devant l’argent, mais ces projections sont aussi nourries par l’idée que tout est aujourd’hui accessible, notamment dans les métiers du numérique.”

Malgré un contexte économique fragile, les Français font donc passer leur désir d’autonomie avant la réussite financière. Globalement, seuls 20 % d’entre eux se disent motivés par des objectifs de richesse ou de notoriété. Les aspirations pour 2026 traduisent ainsi une fatigue du cadre plus qu’une obsession de l’argent.

Des inégalités qui persistent

En matière d’entrepreneuriat, la création d’activité est deux fois plus citée par les hommes que par les femmes. Même dans leurs plans pour 2026, tous les salariés ne se sentent pas capables de se projeter de la même manière. Les femmes privilégient davantage la reconversion, tandis que la prise de risque entrepreneurial reste majoritairement masculine. Pour Léa Paolacci, “les inégalités que l’on observe dans le salariat se déplacent dans l’entrepreneuriat : les femmes projettent davantage une reconversion, là où les hommes se sentent plus légitimes à prendre des risques”.

Derrière ces écarts se dessinent des réalités sociales persistantes : inégalités salariales, charges domestiques et familiales, mais aussi différences de confiance et de sentiment de légitimité face au risque. Aux DRH de se saisir de ces constats pour mieux retenir les meilleurs talents.

Lisa Combe