La transformation des organisations n’est plus une option, mais une nécessité. Alors que les métiers se transforment à une vitesse inédite et que la quête de sens se heurte à la montée en puissance des technologies, les entreprises doivent repenser leur manière de gérer et de valoriser les talents.

Aujourd’hui, deux leviers apparaissent essentiels : l’essor des EdTech, qui redéfinissent l’accès à la formation, et le modèle de la Skills-Based Organization (SBO), qui replace les compétences au cœur de la stratégie et de la performance collective

Une accélération inédite des cycles de compétences

Rappeler que les métiers évoluent plus vite que les plans de formation revient aujourd’hui à affirmer une évidence. Pourtant, cette évolution rapide cache un enjeu crucial : comment maintenir la compétitivité quand 80% des compétences actuelles seront obsolètes d’ici à cinq ans ? Ce décalage fragilise les entreprises : d’un côté, les collaborateurs perdent leurs repères ; de l’autre, les organisations continuent de raisonner en postes et organigrammes figés, alors que le monde professionnel exige désormais agilité et transversalité.

EdTech : un levier d’innovation et de souveraineté

Deux tendances majeures transforment la performance des entreprises : l’accélération du renouvellement des compétences et la nécessité de préserver notre autonomie stratégique. Les EdTech incarnent cette double dynamique. Plus que des plateformes de formation, elles deviennent de solides leviers d’innovation et de compétitivité. Elles permettent un apprentissage continu, personnalisable, agile et participent à la souveraineté numérique des organisations. Soutenir l’écosystème EdTech français, dans un environnement dominé par des acteurs mondiaux, c’est choisir de protéger notre indépendance et nos données. Chez First Group, cet engagement va au-delà du choix technologique. Il s’agit d’une conviction stratégique : renforcer la compétitivité des entreprises en s’appuyant sur des solutions locales, éthiques et performantes.

De la logique de poste à la logique de compétences

Un autre mouvement s’impose : le passage d’un modèle fondé sur les postes (Job-Based Organization) à un modèle centré sur les compétences (Skills-Based Organization). Auparavant, le recrutement visait à pourvoir un poste prédéfini ; désormais, ce sont les compétences réelles, transférables, capables d’être mobilisées sur de multiples projets, qui sont valorisées. Cette approche permet une meilleure allocation des talents, une agilité renforcée et une vision dynamique des parcours professionnels. Mais cette mutation ne s’improvise pas : elle exige une cartographie fine des savoir-faire, l’identification des compétences stratégiques, une gouvernance claire et des outils de suivi adaptés. C’est une initiative stratégique qui réinvente la manière de piloter la performance.

Des étapes progressives, accessibles aux PME

Piloter vers un modèle de type SBO n’est pas réservé qu’aux grandes entreprises. Les PME peuvent, elles aussi, engager ce changement en suivant cette démarche structurée :

  • identifier les compétences existantes, formelles et informelles ;
  • mettre en place une gouvernance claire, avec une veille active sur leur évolution ;
  • lancer un premier cas d’usage, souvent grâce à la mobilité interne ou le staffing projet ;
  • intégrer la logique compétence dans les pratiques RH et les parcours de formation
  • relier la gestion des compétences à la planification stratégique de l’entreprise.

Ce processus ne peut reposer uniquement sur les équipes RH. Il nécessite une dynamique décisive émanant du comité de direction : sans cet engagement du top management, la SBO reste un simple concept et non plus un levier de transformation.

EdTech et SBO : deux leviers complémentaires

Loin de s’opposer, les EdTech et la SBO s’enrichissent mutuellement. Les premières offrent des outils puissants d’identification, d’apprentissage et de cartographie des compétences ; la seconde apporte la structure et la gouvernance nécessaires pour en tirer parti. Ensemble, elles permettent de passer d’une approche défensive (former pour combler) à une stratégie proactive : anticiper, développer et valoriser. L’intelligence artificielle, quant à elle, joue ici un rôle déterminant : en automatisant la détection des compétences clés, en personnalisant les parcours et en ancrant une culture d’apprentissage permanent, elle favorise la transition vers une organisation plus agile et plus performante.

L’IA et les EdTech françaises, piliers de notre souveraineté

La France possède un écosystème brillant en talents et en innovations. Pour préserver cet avantage, l’intégration de l’intelligence artificielle est un atout indispensable. En conjuguant innovation pédagogique et maîtrise technologique, les EdTech françaises contribuent à bâtir une filière souveraine capable d’offrir des solutions locales performantes et responsables. Miser sur ces acteurs, c’est investir dans notre autonomie, notre capcité d’innovation et la pérennité de nos emplois. C’est aussi affirmer que la souveraineté numérique passe avant tout par la confiance dans notre propre écosystème.

Vincent Raymond, fondateur & PDG de First Group