La course aux compétences s’accélère : un salarié français sur deux souhaite se former au cours de l’année. Dans l’édition 2025 de son baromètre sur la formation et l’emploi, le Centre Inffo met en évidence l’importance de la formation professionnelle pour les actifs français.
Formation professionnelle : le désir contrarié des actifs français
Aujourd’hui, les salariés sont de plus en plus nombreux à se dire confiants vis-à-vis de leur avenir professionnel. Alors que les métiers semblent se transformer toujours plus rapidement pour une grande partie des actifs, ce sixième baromètre du Centre Inffo souligne l'importance d’accompagner les mutations du monde du travail. L’importance de la formation professionnelle fait désormais consensus. Pourtant, les défis liés à son accès et à sa mise en œuvre révèlent des enjeux cruciaux pour les entreprises, aujourd’hui soucieuses d’attirer et de fidéliser leurs talents.
Le facteur temps, obstacle à la formation
La quasi-totalité des actifs (90 %) considère la formation professionnelle comme indispensable pour faire face aux évolutions digitales et sectorielles du monde du travail, et la moitié d’entre eux souhaitent suivre une formation au cours de l’année. Les domaines les plus prisés sont – sans surprise – l’informatique, l’anglais, la comptabilité, la gestion, le management et l’intelligence artificielle.
Or des obstacles demeurent, qui empêchent les salariés de tirer pleinement parti des dispositifs de formation. Ainsi, 63 % des actifs estiment que les processus de formation sont difficiles à concilier avec leurs emplois du temps, déjà bien chargés. Ce constat révèle l’un des principaux défis des DRH : comment permettre aux collaborateurs de se former tout en garantissant la productivité ? En d’autres termes : comment concilier des objectifs RH d’employabilité et des impératifs liés au business ?
Reconversion : les actifs en attendent plus
Alors que la formation séduit toujours les actifs, la reconversion professionnelle est quant à elle de plus en plus délaissée depuis 2020. Actuellement, ils sont seulement 18 % à méditer un changement de carrière. Les profils les plus concernés sont les moins de 35 ans et les personnes sans emploi.
Malgré cette baisse, 49 % des actifs préparent ou envisagent une reconversion professionnelle dans un avenir proche, une proportion qui reste assez stable depuis 2021. Malgré tout colossaux, ces chiffres révèlent une transformation toujours plus profonde du rapport au travail. Les salariés préfèrent désormais des parcours professionnels flexibles aux carrières linéaires. Les entreprises doivent donc repenser leurs stratégies pour fidéliser et accompagner leurs équipes dans leurs mobilités internes ou vers un départ compatible avec leurs aspirations.
Un besoin d’accompagnement qui est assez bien compris par les organisations. Si la formation professionnelle reste perçue comme une responsabilité individuelle par une large majorité des actifs (74 %), cette part recule depuis 2022 (- 6 points), signe que l’entreprise est de plus en plus considérée comme un acteur à part entière de la formation professionnelle.
Lisa Combe