Chaque année, la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail du 28 avril rappelle que le travail peut encore coûter la vie, physiquement comme mentalement. L’Organisation internationale du travail (OIT) publie un rapport alarmant sur les dangers qu’un travail mal conçu fait peser sur la santé mentale.
840 000 travailleurs tués par les risques psychosociaux par an
Le constat de l’OIT est sans appel : la santé mentale des salariés demeure sous-estimée et sous-évaluée, et un travail mal encadré est nuisible à l’équilibre psychologique des travailleurs.
Forts risques psychosociaux
840 000. C’est le nombre de travailleurs qui décèdent chaque année dans le monde. En cause : les différents risques psychosociaux que fait peser sur eux leur environnement de travail. Parmi ces dangers figurent les maladies cardiovasculaires (784 000) et les troubles mentaux (56 000), dont le suicide. Entre de longues durées de travail, l’insécurité de l’emploi, le manque d’accompagnement et le harcèlement professionnel, la santé mentale vacille. L’étude calcule chaque année une perte d’environ 45 millions d’années de vie en bonne santé pour les travailleurs du monde entier. Alors que certaines entreprises ne misent pas encore sur la préservation de la santé mentale de leurs équipes, les pertes économiques liées à ces risques sont importantes et estimées à 1,37 % du PIB mondial.
L’étude constate également que les salariés perdent de plus en plus d’années de vie en bonne santé en raison du poids des risques psychosociaux. Entre 2019 et 2021, elles augmentent de 14 %. Une hausse qui s’explique en partie par une nouvelle charge mentale induite par le numérique. Avec l’arrivée, notamment, de l’intelligence artificielle, les exigences de réactivité, de productivité, d’adaptation et de maîtrise des outils se sont intensifiées, accentuant le stress et la pression dans le cadre professionnel.
LIRE AUSSI Santé mentale : l'entreprise, une terre hostile pour un Français sur trois
Ajoutons que les conditions de santé physique jouent sur la santé mentale. Il y a moins de deux semaines, un jeune de 15 ans en stage d’observation de seconde perdait la vie dans une entreprise du Gard. La France reste en tête du classement européen des accidents mortels liés au travail, avec 3,6 décès accidentels pour 100 000 travailleurs. En 2024, elle enregistrait 764 morts, selon d’après le dernier bilan de l’Assurance Maladie.
À l’aube du 1er mai, l’analyse de ces données jette un nouvel éclairage sur le caractère vital de la responsabilité des DRH.
Lisa Combe