Les entreprises désireuses d’attirer de jeunes talents sont aujourd’hui confrontées à un enjeu majeur : détecter les meilleurs profils au sein de viviers de candidats de plus en plus volumineux. C’est pour cela que Talogy a développé un outil spécialement consacré à l’évaluation de la jeune génération : Talogy Spotlight. Éclairages de Maggie Gailhard, directrice commerciale du cabinet.
Maggie Gailhard (Talogy Spotlight): “Notre outil Spotlight remet les compétences comportementales et cognitives au cœur du processus de sélection”
Décideurs. Pourquoi vous êtes-vous spécifiquement intéressés à la génération Z au travail ?
Maggie Gailhard. IA et digitalisation accélérée, travail hybride, crise économique : les pratiques professionnelles sont traversées par des transformations. Cela contraint les entreprises à repenser la façon dont elles attirent et retiennent les talents. La crise démographique et le financement de notre modèle social par la population active oblige par ailleurs les entreprises à attirer des collaborateurs dès le début de leur carrière pour garantir un flux continu de compétences. C’est pour cela que nous nous sommes penchés sur la génération Z, qui représente aujourd’hui 27 % de la population active, afin de mieux comprendre leurs motivations et leurs attentes, ainsi que celles des entreprises.
« Les entreprises sont submergées de demandes pour des stages, alternances et premiers emplois »
Nous constatons en outre une forme de dichotomie dans le monde du recrutement : les entreprises sont submergées de demandes pour des stages, alternances et premiers emplois, les candidatures en un clic ayant considérablement facilité les choses, mais éprouvent beaucoup de difficultés à identifier et recruter les bons profils.
Par ailleurs, les entreprises ont tendance, du fait de ces volumes, à raccourcir la durée des entretiens avec de jeunes candidats qui ont du mal à se valoriser et mettre en avant leurs compétences, en raison de leur manque d’expérience professionnelle. Il faut outiller les entreprises pour qu’elles soient en mesure de définir les compétences dont elles ont besoin et de les identifier au sein de leurs viviers.
Vous avez mené une étude dans 18 pays, auprès de 1 000 répondants. Quelles sont ses principales conclusions ?
Notre étude, menée auprès de candidats, de collaborateurs en poste et de recruteurs, a mis en lumière plusieurs défis. D’abord, la difficulté pour les entreprises à trouver des profils qui répondent aux exigences du poste, mais aussi et surtout à la culture de l’organisation. Les équipes de recrutement sont en parallèle confrontées à la nécessité d’évaluer objectivement et de comparer des personnes ayant peu d’expérience professionnelle. Les jeunes postulants ont également de fortes attentes salariales, souvent éloignées de ce que l’entreprise peut proposer.
Notre étude, agrémentée d’une quarantaine de travaux scientifiques, met en avant onze compétences clés : six compétences socles pour réussir sa première expérience professionnelle – esprit d’équipe, communication, orientation résultats, capacité d’organisation… – et cinq compétences indispensables pour évoluer dans le monde professionnel – adaptabilité, résilience, esprit critique, capacité d’apprentissage et d’innovation.
Cette approche permet de dépasser la seule expérience métier en se centrant sur la manière dont une personne apprend, collabore et s’adapte aux changements. Les expériences extraprofessionnelles, qu’il s’agisse d’engagement associatif ou de projets étudiants, sont aussi de bons indicateurs du potentiel d’un candidat.
« Le feedback est l’un des fondamentaux les plus fréquemment négligés »
Vous avez ainsi développé l’outil d’assessment Talogy Spotlight pour évaluer les jeunes talents…
Oui. Ces compétences, qui vont au-delà de la pure expérience professionnelle, sont particulièrement difficiles à identifier chez de jeunes candidats. Talogy Spotlight propose un outil d’aide à la décision pour les organisations en évaluant les candidats sur la base des onze compétences que j’ai évoquées. C’est aussi un moyen pour le candidat de prendre connaissance des attentes et des valeurs de l’entreprise et de se positionner par rapport à elles.
Le rapport issu de cette évaluation sert ensuite de base de discussion pendant les entretiens. Les candidats sont aujourd’hui très préparés et souvent accompagnés par des agents IA qui leur fournissent des réponses types et des cas pratiques très structurés. Pour s’adapter, les recruteurs doivent aller chercher l’authenticité, en posant des questions plus fines, en explorant des situations vécues et en testant la capacité d’apprentissage ou l’esprit critique en temps réel. Notre outil Spotlight ainsi remet ainsi les compétences comportementales et cognitives au cœur du processus de sélection.
Quelles sont, selon vous, les erreurs à éviter durant un processus de recrutement ?
Les jeunes candidats veulent savoir dans quoi ils s’embarquent et exigent pour cela une transparence globale, sur le salaire, le cadre de travail, les perspectives. Les missions elles-mêmes passent parfois au second plan derrière ce besoin d’informations. Les entreprises qui s’en détourneraient pourraient à l’avenir se priver des meilleurs profils. À cela s’ajoute la nécessité pour les organisations d’assurer des processus de recrutement clairs, rapides et avec un feedback à chaque étape. Or, le feedback est l’un des fondamentaux les plus fréquemment négligés. Dans ce contexte, il est impératif pour les entreprises de privilégier des solutions d’évaluation à même d’attirer les meilleurs talents tout en limitant le risque d’un recrutement raté.
Entretien avec Maggie Gailhard, Directrice commerciale, Talogy Spotlight
