La transparence salariale s'impose progressivement dans le monde du travail, portée à la fois par une nouvelle génération qui parle salaire sans tabou et par une directive européenne qui entrera en vigueur en France en juin 2026 pour réduire les inégalités femmes-hommes.

"Quel est le salaire de mon homologue masculin occupant le même poste ?" Une question en apparence banale, mais que le droit ne permet pas encore de formuler librement. La directive européenne sur la transparence des rémunérations, adoptée en mai 2023, annonce un changement important. Alors que la génération Z discute plus librement de rémunération entre collègues par souci d’équité, la loi vise à réduire les écarts de salaires entre les femmes et les hommes, à impliquer davantage les partenaires sociaux dans l’évaluation de ces écarts et à fournir des informations plus précises sur la rémunération dès l’embauche.

Selon le dernier sondage réalisé par Figures, la demande de transparence est massive avant même l’entrée en vigueur de la directive : neuf salariés sur dix souhaitent que leur entreprise soit plus transparente sur les salaires. Encore plus parlant : un salarié sur deux compte exercer ce droit dès son entrée en vigueur. Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes travailleurs.

LIRE AUSSI : Transparence des salaires, qui y gagnera ? 

Au service des femmes et de la Gen Z

Si la directive européenne vise notamment à réduire les écarts de salaire entre les sexes, les données montrent que celles qui devraient en être les premières bénéficiaires sont aussi celles qui risquent de s’en saisir le moins. La raison ? Un biais structurel. Selon le sondage, les femmes parlent moins souvent de salaire que les hommes, connaissent moins la rémunération de leurs pairs et envisagent moins d’exercer leur droit à l’information.

En plus d’être genrée, la fracture est aussi générationnelle. Les moins de 30 ans, plus enclins à discuter de rémunération entre collègues, sont déjà 79 % à avoir ces conversations. Presque la totalité d’entre eux (91 %) se disent prêts à révéler leur propre salaire et 48 % sont partisans de la transparence totale. "Le salaire n’est plus un tabou pour la Gen Z. La culture évolue plus vite que les organisations. Là où certaines entreprises redoutent des tensions internes, une partie des talents considère déjà l’opacité comme un signal d’alerte, et elle la tolérera encore moins demain", commente Virgile Raingeard, CEO de Figures.

LIRE AUSSI : La transparence des salaires, c'est pour bientôt

La réforme sur la transparence salariale doit entrer en vigueur en France à partir de juin 2026. Elle sera mise en œuvre progressivement en fonction de la taille des entreprises.

Lisa Combe

Prochain rendez-vous
Décideurs RH 

24 juin 2026
Talents ! 
Les nouveaux leviers de la gestion des talents

CONFÉRENCES ● COCKTAIL ● DÉJEUNER   REMISE DE PRIX
Voir le site »

GUIDES DÉCIDEURS RH

> Commander

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter hebdomadaire de Décideurs RH, merci de renseigner votre mail

{emailcloak=off}