Urgences professionnelles, responsabilités parentales : les cadres jonglent chaque jour entre deux vies. Une étude de l’Apec révèle que 47 % des cadres avec enfants mineurs ont du mal à concilier travail et parentalité.

Un mail urgent à 21 h, une réunion à l’heure de la sortie d’école, un rendez-vous médical annulé à la dernière minute… Pour les parents cadres, concilier vie professionnelle et vie personnelle relève de l’équilibrisme. Ils sont aujourd’hui 47 % à devoir gérer chaque jour les exigences du travail et celle de la parentalité – et revendiquent un besoin de flexibilité. La dernière étude de l’Apec sur la parentalité et la vie des cadres met en avant la difficulté des CSP+ ayant un ou plusieurs enfants mineurs à concilier leur vie professionnelle et personnelle. Une réalité que les cadres avec des enfants majeurs connaissent beaucoup moins.

Des concessions quotidiennes

Avoir un enfant et un travail n’est pas une mince affaire, et ce ne sont pas les cadres qui diront le contraire. Parmi les parents cadres, 37 % déclarent rencontrer de réelles difficultés, soit 10 points de plus que les autres. Pour y faire face, ils font souvent d’importantes concessions dans leur vie personnelle. Entre renoncer aux activités hors travail, réduire leur présence auprès de leurs enfants ou annuler des rendez-vous médicaux, les arbitrages sont parfois difficiles.

La vie personnelle n’est pas la seule à être touchée. Les parents cadres constatent également des répercussions sur leur vie professionnelle : trois sur dix estiment passer à côté de perspectives professionnelles (promotions ou évolutions de poste) en raison des contraintes liées à leur vie personnelle. Cela représente 7 points de plus que les autres travailleurs.

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Des structures qui s’ajustent

Pour soutenir la parentalité en entreprise, les cadres, parents ou non, plébiscitent la souplesse organisationnelle (49 %). Les entreprises sont justement nombreuses à prendre des mesures pour remédier à ces multiples difficultés. Ainsi, 84 % des cadres bénéficient déjà d’une organisation flexible, leur permettant de gérer leur quotidien et de pouvoir réagir en cas d’imprévu lié à leurs enfants.

L’étude souligne également l’attitude compréhensive de leurs collègues (87 %) et de leurs managers (83 %), qui contribue à simplifier leur quotidien.

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Un équilibre fragile

C’est bien connu : les femmes assument davantage la charge mentale et parentale que leur conjoint. Malgré la mise en place d’une organisation qui se veut paritaire, les mères doivent gérer la majorité des imprévus, comme les maladies de leurs enfants ou les problèmes de garde. Ces disparités, ancrées depuis des années, pèsent sur leur organisation de travail, leur carrière et leur évolution professionnelle. Une mère cadre sur deux déclare être celle qui s’occupe le plus souvent de leur enfant en cas de maladie, contre seulement 18 % des pères. L’exemplarité managériale de la part des dirigeants hommes reste une solution à prioriser pour favoriser une culture égalitaire, inciter les hommes à prendre leurs responsabilités parentales et ainsi assurer une égalité des chances professionnelles pour tous et toutes.

Au-delà de la sphère professionnelle, c’est la santé mentale des femmes qui est particulièrement touchée. Ce déséquilibre expose les mères cadres à des risques psychosociaux accrus : 62 % ressentent un épuisement professionnel, soit 11 points de plus que les pères.

Lisa Combe

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